France – Samedi 06/02/2021 – energiesdelamer.eu – Après avoir rencontré le 06/02/2021, Annick Girardin ministre de la Mer, le Comité Départemental des Pêches Maritimes et des Élevages Marins des Côtes d’Armor (CDPMEM22) a tenu une conférence de presse ce samedi à Plérin, devant un parterre d’élus, dont Marc Le Fur, le député des Côtes d’Armor …

Le CDPMEM22, présidé par Alain Coudray, renouvelle sa proposition lancée lors de la conférence de presse du 14 janvier dernier, d’offrir une alternative au parc éolien en mer d’Ailes Marines, avec le projet houmoteur /  hydrogène vert, proposé par Jean-Luc Stanek président de HACE. ITW croisée d’Alain Coudray et Jean-Luc Stanek (exclusif – energiesdelamer.eu).

Après le discours d’accueil d’Alain Coudray président du CDPMEM22, Grégory Le Drougmaguet, chargé de mission au Comité des pêches, a présenté (et rappelé) les raisons du blocage entre le comité des pêches 22 et le parc éolien en mer de Saint-Brieuc d’Ailes Marines, « notamment le non respect des engagements de concertation avec les pêcheurs » que nous ne sommes pas contre les éoliennes en mer, mais contre les éoliennes en mer dans la Baie de Saint-Brieuc et le manque d’intervenants français dans le projet ».

Améliorer l’acceptabilité des projets EMR-Dec 2020-CNPMEM

 

D’une manière générale, la position de décembre 2020 des Comités des pêches maritimes et des élevages marins, devient plus exigeante et demande qu’un projet puisse être systématiquement suspendus/annulés dans certains cas.

 

 

 

Les trois partenaires du projet, Jean-Luc Stanek HACE (Bordeaux), Stéphane Paul PDG fondateur de la start up bretonne H2X (Saint-Malo et Redon), Guillaume Langlois océanographe, expert consultant spécialiste des travaux maritimes, ont présenté le projet Armoric.

Le Comité des pêches est-il prêt à participer à l’élaboration d’un emplacement pour mettre en place le site (pilote ou commercial) ou en laissant le temps au projet HACE et aux machines d’être expérimentées ?

Alain Coudray : Si le projet éolien de Saint-Brieuc est annulé, et c’est bien la condition exigée par les pécheurs, les professionnels qui proposent cette alternative au territoire, seront présents pour étudier le déploiement d’une transition écologique avec les marins pêcheurs et non contre eux !

Aujourd’hui, en comparaison avec l’éolien de type posé, prévu en baie de Saint-Brieuc, la technologie HACE présente, pour nous pêcheurs, les avantages suivants :

Il est compatible avec les enjeux pour les ressources marines de la baie de Saint-Brieuc : car il n’y a pas de fondations donc pas d’opérations de battage et de forage pour ancrer les flotteurs, pas de câbles inter-éoliennes ou de câble de raccordement, donc pas d’opération de type charrue, water-jetting ou tranchage dans la roche pour ensouiller les câbles.

Ce projet évite les bruits, la turbidité, des champs électromagnétiques et d’autres inconnues sur les impacts sur les ressources marines. Il n’y aura pas d’anodes sacrificielles donc pas de relargage de métaux dans la mer et plus de soucis du recyclage des structures EMR et de ses composants (terres rares)

Il nous semble compatible avec les activités de pêche, car il n’y aura pas de longues phases de chantier, (construction et démantèlement), pas de câbles de raccordement évitant ainsi la perte de zone de travail (zones d’exclusion), correspondant à 3 années pour le parc éolien sur une des zones les plus fréquentées de la manche !.

Ce projet nous offre l’opportunité d’être la première flotte de pêche au monde à passer à l’hydrogène et surtout, d’être impliqué dans toutes les phases d’un projet EMR.

Quelles sont les caractéristiques techniques de votre projet basé sur la technologie du flotteur houlomoteur HACE ?

Jean Luc Stanek : Il s’agit d’un port multifonctions houlomoteur et hydrogène vert de 6 MW. La première étape permettra une validation du projet de 500 MW. Cette phase 1 est d’une durée de 18  mois et sera d’une puissance de 6MW. La phase 2, est elle aussi de 18 mois et permettra d’atteindre les 500 MW.

Guillaume Langlois, a complété la présentation le définissant comme « un projet hybridant le houlomoteur Hace à des unités de production H2 issues de la R&D de H2X. Le flotteur houlomoteur alimente les électrolyseurs qui, eux mêmes, produisent et stockent l’hydrogène. Le projet à pour ambition d’insuffler l’hydrogène off-grid dans le territoire costarmoricain afin de répondre aux besoins de mobilité, d’usages maritimes et stabilité du réseau électrique ».

Combien de sites pouvez-vous équiper ?

JLS : Cela peut être un ou plusieurs sites, le comité des pêches participera à la définition d’un ou plusieurs sites, plusieurs car étant donné que le projet est totalement dépourvu de câblage, fondations lourdes ou sous-station (off grid), il est possible de disséminer la production sur autant de sites que désiré. Nous avons même considéré l’option de déplacer un site après sa mise en production, si le milieu – bien qu’enrichie par les mouillages bio dynamisants- semble perturbé, même tout un petit peu. Nous souhaitons aussi déployer un vaste dispositif de mesure in situ, bien supérieur aux exigences nationales, afin de maitriser au plus juste les conditions locales. La configuration off grid nous permet d’investir dans des moyens de caractérisations allant considérablement plus loin que les techniques actuelles.

Le houlomoteur, même associé à d’autres technologies, n’est pas prévu dans la PPE.

JLS – En ce qui concerne la PPE, il serait hypocrite et totalement inconscient d’attendre une autre refonte de la feuille de route intégrant le houlomoteur ou l’hydrolien ou toute approche disruptive. Le temps nécessaire pour la réalisation d’une nouvelle PPE risque d’être bien trop grand pour envisager d’être en mesure de répondre aux objectifs nationaux et européens d’ici à l’horizon 2030. Nous sommes en 2021 et aucun parc éolien offshore, pourtant décidés il y a plus de 10 ans, n’injecte de l’électricité sur le réseau.

Ce constat motive le choix et le design de la solution proposée : n’étant pas considérée comme valable ni même envisagée, l’énergie de la houle n’entre pas la PPE et ne peut donc pas injecter pas sa production directement sur le réseau de RTE ; en conséquence, elle alimentera des électrolyseurs en mer, qui fourniront le productible H2. De plus, les PAC répondent idéalement aux problématiques de support réseaux exprimées par RTE.

En ce qui concerne l’expérimentation, concerne-t-elle que le démonstrateur de port flottant multiservices 6 MW ?

JLS – L’intérêt de construire le démonstrateur directement en baie de Saint Brieuc- mais il faut également préciser une chose importante à nos yeux : on ne parle pas ici d’années entre le feu vert et la production des premiers KG de H2, mais bien de mois-, sans sous stations – fondations ou câblage, il ne reste plus que les mouillages, la stabilité/répartition des pontons flottants supportant les électrolyseurs H2X et unités de valorisation de l’O2 et dessalement d’eau à valider. Le reste est déjà maitrisé depuis longtemps.

Pensez-vous déposer avec la société HACE une demande de financement auprès des autorités territoriales et de la commission européenne via le FEAMP, en plus des fonds des Emirats Arabes Unis ?

AC – Nous ne sommes pas des développeurs de projet EMR, ce n’est pas notre rôle, mais nous étudierons les possibilités de prise en charge du financement du rétrofit de la flotte de pêche, soit dans le cadre du FEAMP2, ou le fond européen pour l’hydrogène . Le contexte actuel nous ouvre plusieurs perspectives que nous considérons systématiquement.

JLS – Lors de la conférence de presse initiale du 14/01/2021, les E.A.U furent évoqués, mais depuis de nombreux autres ont fait leur entrée en lice, le besoin de décarboner l’industrie n’a jamais été aussi fort. Inutile de préciser que le choix de s’engager ou non avec tel ou tel fond d’investissements ne se fera qu’en accord total avec la stratégie de HACE et une éthique environnementale forte.

Sur quelles études d’impacts allez-vous vous baser pour faciliter ce projet ?

JLS – Sans vibrofonçage, tranchage, battage, ensouillage ou autre forage on réduit grandement les impacts, mais à nos yeux, l’évaluation et la mitigation des impacts actuelle n’est pas suffisante :

. L’empreinte carbone des navires de construction sera réduite massivement (utilisation prioritaire des navires H2 et équipages de pêches pour le remorquage (T&I) des flotteurs HACE sur site – après rétrofit et formation préalable)

. La caractérisation physico-chimique du site ne sera pas ponctuelle mais bien permanente sur site jusqu’au démantèlement, l’accès aux données sera libre pour tous et permanent.

. Le suivi des ressources halieutique sera permanent et réalisé avec des références du domaine comme L’Ifremer.

. L’impact des mouillages bio dynamisants sera qualifié par l’Ifremer ou tout autre organisme compétent.

. Un jeu complet et récent de Survey bathymétrique, géotechnique, magnétométrique, chimique des eaux, ainsi qu’une mesure précise de la ressource en houle sera réalisée une fois le site défini. Un suivi complet des mesures se déroulera durant le cycle complet du projet.

Le meilleur moyen de réussir un tel projet passe forcément par une compréhension la plus complète possible de l’environnement d’accueil.

On ne parle pas assez des impacts sociaux et culturels dans ce genre de projet ; dans notre cas la concertation sera permanente et générale : il faut connaitre les points de vue de tous sur tous les sujets : environnement, usages et usagers, territoires, culture, emploi + tout autre sujet recevable afin de répondre précisément aux besoins. Rien ne nous limite au domaine marin : peut-être que le monde agricole ou du BTP on aussi un besoin fort dans la ressource H2, il n’y a pas que la mobilité, tout le monde a son mot à dire.

Comment peut-on passer d’un stade prototype à un niveau de déploiement industriel sans avoir de retour d’expérience avec des machines houlomotrices testées à échelle 1 ?

JLS – Comme vous le savez, le retour d’expérience du prototype échelle 1 de la Rochelle a été très instructif, même si le test a été écourté par un contact avec un « objet » sur le plan d’eau. Il nous a permis de développer un modèle préindustriel fiable : on pourrait presque remercier cet « objet » qui nous a poussé à concevoir de nouveaux caissons qui continuerons à flotter et fonctionner même s’ils sont coupés en 2. Quant aux autres éléments (turbine, soupapes, etc.…) ils ont tous été testés au banc d’essai avec succès et sont au stade technologique TRL8 (technology readiness level/niveau de maturité).

HACE et son design ont vu le jour grâce à des partenaires techniques de renom comme l’école d’ingénieur Arts et Métiers ParisTech ou SOFRESID, tous reconnu unanimement dans la R&D et les opérations du secteur Offshore; nous sommes confiants dans la robustesse et la compétitivité du système, et comme l’a publiquement déclaré Stéphane Paul de H2X, (ex Naval Group) et expert EMR reconnu:  » HACE est le système EMR le plus aboutit  et le plus pertinent que j’ai expertisé »

De quelle manière les câbles qui relient les machines au fond marin et les machines entre elles seront-ils posés et idem pour le ou les câbles de retour en mer ?

JLS – Il ne s’agit pas de « câbles », mais de mouillages multiples, qui stabilisent le système en mer, tout simplement. Pas de fondation à enfoncer de 30 m dans le substratum, pas de forage, pas de battages. On sait que le bruit généré par de telles techniques dépassent souvent les 180 dB (Gamme d’apparitions des lésions physiologiques de certaines espèces marines Juin 2020 – Guide réalisé par Cohabys et NEREIS Environnement Ministère de la transition écologique) et que bien évidement, si le sol est dur et résistant au forage, ce dernier ne peut prendre que plus de temps, aggravant l’impact sonore sur les espèces locales.

La volonté de se passer d’ancrage lourd et de câblage électrique permet une double amélioration : en termes de coût (en supprimant une technique le rendement financier est bien meilleur), et évidement en termes d’impact environnemental !

Enfin les mouillages seront colonisés, à dessein et en accord avec les espèces représentées sur site, mais aussi oxygénés par un système de simple « bulleur » courant le long des lignes de mouillages afin d’enrichir considérablement le milieu.

Le câblage est internalisé, aucun câble électrique ne sortira des « machines » ! Et pour les câbles d’export , il n’y en aura pas, car l’hydrogène est stocké et ramené à terre par barge pour les gros volumes, toujours grâce aux moyens nautiques et équipages de pêches, puis transbordés sur plateaux ferroviaire ou routiers. Les petits et moyens volumes seront eux acheminés directement via les navires de pêches.

L’hydrogène sera prioritairement utilisé sur le territoire pour les besoins de mobilités terrestre et marine, mais la production (d’hydrogène et d’oxygène) sera vendue au prix marché pour équilibrer le modèle économique qui permet de céder gratuitement 10% de l’hydrogène produit aux utilisateurs du territoire (pêcheurs, Bus, agriculteurs, …). Signalons au passage que le Groupe Picoty AVIA, un associé de HACE, est déjà partenaire des autorités pour la mise en place de la distribution d’hydrogène, et que H2X est partenaire du projet pour l’intégration territoriale et le rétrofit des bateaux de pêche.

Propos recueillis par Brigitte Bornemann

POINTS DE REPÈRE

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